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Association Renaissance du
Château de La Chaux Montgros

En août 1990, l'Inspecteur des Monuments Historiques au Ministère de la Culture et de la Communication s'exprimait en ces termes, dans un courrier adressé à Monsieur le Directeur Régional des Affaires Culturelles : « Lors d'une tournée dans le Puy-de-Dôme, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un ensemble d'un grand intérêt, témoignage superbe de la Renaissance en Auvergne un projet architectural d'envergure dû à un maître très savant... ».

Dans les mois qui suivirent, M. Christian PREVOST MARCILHACY, Inspecteur Général des Monuments Historiques au Ministère de la Culture et de la Communication, commentant la visite qu'il avait faite de l'édifice, écrivait : « J'ai été frappé par sa masse imposante, par sa parfaite insertion dans le paysage et par la composition monumentale constituée par les terrasses et les escaliers devant la façade... par la modénature des éléments architectoniques et la qualité des enduits qui contribuent à rendre très souhaitable la sauvegarde de ce bâtiment de grand caractère ».

Le Château de La Chaux Montgros apparaît à flanc de colline, dominant le vaste Pays du Comté d'Auvergne, et, au delà, les plaines de la Limagne, les Monts Dômes et la Chaîne du Sancy.
Il se détache dans un cadre de paysage et de prairies, et dessine, à l'orée de la Forêt de la Comté, sa silhouette miraculeusement intacte mais cependant découronnée...

Construction charnière entre « château-forteresse médiévale » et « château-grande résidence rurale », construction Renaissance d'influence italienne du début du XVI°siècle, il constitue, d'avis unanime, un monument majeur unique en Auvergne  (et vraisemblablement unique en France…) qui n'a pas encore livré tous ses secrets...

Vaste corps de logis rectangulaire flanqué à chacun de ses angles d'une tour circulaire, il devait avoir fière allure à l’époque avec ses « hautes toitures, ses hautes combles et ses quatre tours couronnées par des lanternons ».
Pourtant, malgré ce prestige, le Château de La Chaux Montgros aura un destin injuste et chaotique, alternant les périodes fastes et néfastes pour finalement « finir » presqu’à l’état de ruines après la seconde guerre mondiale à partir de laquelle la situation va rapidement s’aggraver.

Et c’est seulement dans les années soixante dix qu’une conscience locale s’éveille pour faire renaitre cet édifice… qui n’intéresse personne !

Passionnée de vieilles pierres, c’est Mme LEMAIRE, habitante de LAPS, commune voisine, qui crée l’A.R.C.M. le 13 Avril 1971 après qu’elle ait découvert ce château aux qualités architecturales multiples pourtant oublié, livré aux ronces et aux animaux de la ferme voisine !
  
Mme LEMAIRE et ses amis, auront le mérite d’avoir :
- sorti le bâtiment de sa torpeur en débroussaillant et en dégageant le jardin, la cour du château (plus de 250 arbres arrachés) et l’intérieur du bâtiment (avec récupération des tomettes en bon état) ;
- coulé une dalle de ciment sur les voûtes du rez-de-chaussée pour leur mise hors d’eau ;
- descendu les gargouilles qui menaçaient de tomber ;

le tout en donnant aux passionnés le cadre juridique de leurs interventions, à savoir l’usufruit du bâtiment et de ses dépendances par la signature du Bail emphytéotique du 06 Juillet 1972.

Mais la tâche est considérable, cette poignée de bénévoles s’épuise… et c’est le silence jusqu’à l’arrivée, en 1988, d’un groupe d’étudiants sous la houlette de Laurent CAREDDA qui prend la Présidence de l’A.R.C.M. le 02 mars 1988 et s’emploie, avec l’aide de l’Inspection Générale des Monuments Historiques, du Préfet de Région de l’époque et des Architectes des Monuments Historiques, à consolider et pérenniser le cadre juridique de leurs interventions en obtenant la signature le 02.10.1992, sous forme d’un avenant, d’un nouveau Bail emphytéotique qui repart pour 99 ans à compter de 1991, soit jusqu’au 01.01.2090 !

Les étudiants peuvent dès lors se mettre au travail, ce qu’ils vont faire consciencieusement en dépit de leur jeunesse et avec la nécessité de mener à bien leurs études.
Les résultats sont effectivement éloquents et on ne peut aujourd’hui que louer leurs efforts et reconnaître leur mérite pour avoir élaboré les Etudes historiques et Architecturales, réalisé les travaux d’assainissement et de terrassements, procédé aux débroussaillage et aux déblaiements, à l’électrification, à la réfection de la dalle sur voûtes, à l'adduction d’eau, à l’installation de sanitaires, à la restauration de l’escalier en terrasse et de tous les murs en pierres environnants, à la restauration des salles du rez-de-chaussée, à celle d’un bâtiment annexe, à la construction de murs de refends, à la couverture d’une tour, à la pose de la charpente du fronton, etc.

L’ensemble de ces travaux, estimés à plusieurs millions de francs de l’époque et d’euros d’aujourd’hui, a été financé en utilisant toutes les possibilités offertes : subventions publiques, aides privées, sponsoring, mécénat, chantiers d’insertion, de jeunesse, compagnonnage, etc.
Ce programme de travaux s’accompagnait d’un environnement culturel et sportif (représentations théâtrales à l’Opéra de CLERMONT-FERRAND, concerts de l’Orchestre Régional d’Auvergne, nuit du 04.08.1989 etc), l’ensemble de ces activités et de ces animations étant couronné par l’obtention de plusieurs Prix dont le Prix Patrimoine - Jeunesse et Sports !

Tout semble devoir aller pour le mieux mais, peu à peu, les étudiants de l'A.R.C.M. arrivent à l'âge des responsabilités, familiales et professionnelles, exercées parfois loin de notre région, et ils sont, les uns après les autres, contraints de délaisser le Château.

Effectivement l’association est mise en sommeil et il ne se passe plus rien quand Pierre COURTESSEYRE est élu maire de SALLEDES en 1995, et la commune de SALLEDES ne peut ni acheter le Château (qui d’ailleurs n’est pas à vendre !) ni financer sa restauration, ni prendre la responsabilité d’en gérer les travaux. Mais elle peut, en collaboration avec l’A.R.C.M., apporter sa contribution à la réussite de la procédure de classement « Monument Historique » dans la mesure où, sans ce classement, rien de sérieux ne pourra être entrepris à l’avenir… 

Le Château étant propriété privée, son classement n’a de chance d’aboutir que si, outre son intérêt architectural, il est apporté la preuve qu’il peut susciter un véritable engouement public, pour une utilisation future collective.

La Commune décide alors de tenter la « médiatisation » du château en réfléchissant à la tenue d’une animation importante, qu’elle réalisera en transportant du bourg au site la Fête du 14 Juillet, organisée systématiquement le samedi qui suit cette date anniversaire !

Grâce aux soutiens efficaces des médias (dont France 3 au tout début) sans faille pour la plupart, grâce à l’appui de partenaires désintéressés, de sponsors généreux et de bénévoles motivés et infatigables, la fête, prise en main par une association (« La Chaux-Folie’s ») créée spécialement à cet effet est un succès réel et constant qui, depuis 13 ans, attire chaque année plus de 1000 personnes au repas champêtre servi dans les jardins du château, et plusieurs milliers au désormais célèbre « spectacle pyrotechnique » qui embrase chaque année le château.

La manifestation a ainsi accompli sa mission et le classement « Monument Historique » de l’édifice intervient en mai 2000, la forte médiatisation du site nous rendant crédibles pour solliciter des aides et attirer le mécénat pour la reprise des travaux de restauration. Mais, faute de travaux et d’entretien que seule l’A.R.C.M. peut entreprendre, l’édifice se dégrade aujourd’hui dramatiquement et il est urgent d’agir pour éviter que ne disparaisse ce patrimoine exceptionnel de la Commune de SALLEDES et que ne soit ainsi réduit à néant les efforts de ceux qui ont construit, entretenu et tenté de sauver le Château.

 

Devant le constat qu’aucune candidature ne se manifeste pour dynamiser l’action, Pierre COURTESSEYRE, aujourd'hui libéré de ses fonctions a décidé, en accord avec Laurent CAREDDA, de prendre la Présidence de l’A.R.C.M. dans le but de sauver le Château de La Chaux Montgros et de lui permettre de trouver, même dans un avenir lointain, la place qui lui revient au sein de la Commune de SALLEDES.

L'Assemblée Générale de l'A.R.C.M., qui s'est tenue le Vendredi 08 Janvier 2010, a élu un nouveau Conseil d'Administration qui a lui-même élu son bureau et a porté Pierre COURTESSEYRE à la Présidence de l'Association et Dominique LANGLOIS à la Vice-Présidence.

L'équipe actuelle, composée d'anciens responsables et de nouveaux dirigeants parfaitement complémentaires, dégage une grande confiance dans un climat de sérieux et de motivation de la part de bénévoles qui aiment le château et n'ont qu'un désir, celui de le sauver, de le réhabiliter et de le faire revivre.
 
En quelques mois, l'équipe a beaucoup avancé et a fait un grand pas en obtenant, après nombre de courriers, d’interventions, de rendez-vous, de moments d’espoir et de découragements et grâce à l’incroyable et miraculeuse rencontre avec le préfet de région, la prise en charge de ce dossier par la Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Un architecte spécialisé, motivé et passionné par ce chantier, a été désigné avec l’aval de la D.R.A.C. et il ne restait plus qu’à signer la Convention, que le Préfet a aménagé de façon à ce qu’elle prévoit, outre un déblocage immédiat des fonds pour le démarrage des travaux, l’engagement pluriannuel de l’Etat pour qu'il considère comme prioritaire le château pour les subventions à venir.