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Histoire du Château de La Chaux Montgros

Face à vous, à flanc de colline, dominant d'un seul regard l'ancien Comté d'Auvergne, la légendaire Forêt de la Comté, le Puy de Mercurols, la plaine de la Limagne, la chaîne des Dômes et la chaîne du Sancy... vous apercevez une silhouette, semblant intacte mais découronnée, qui se dresse au dessus de son escalier monumental, encadrée par des collines boisées qui lui offrent un cadre naturel de premier choix.

Le Château de La Chaux Montgros, sur la Commune de Sallèdes, est l'un des monuments les plus étonnants de notre département. Son histoire est encore mal connue et de nombreuses découvertes restent aujourd'hui à faire, ne serait ce qu'auprès des archives départementales qui n'ont pas encore livré tous leurs secrets...

 

Ainsi, on ne connait pas la date exacte de la construction de l'édifice (ni le nom de l'architecte) mais l'évocation en 1551 dans les archives de l'évêché de Clermont-Ferrand de l’existence d'une chapelle à La Chaux Montgros, dans laquelle le vicaire de Sallèdes devait de temps en temps dire une messe, prouve que le Château était bien terminé à cette date.

 

C'est donc la date de début des travaux et, par conséquent, le mystère qui entoure l'origine du Château, qui alimentent aujourd'hui deux thèses en présence.

L'une émane d' historiens rigoureux ; l'autre, plus romanesque, associe étroitement la vie du Château et celles de Catherine de Médicis, nourrissant par la même, la légende de sa fille, Marguerite de Valois, la sulfureuse Reine Margot :

  • 1) Selon les premiers, dire que le Château a été construit pour Catherine de Médicis, puis cédé en 1574 à Jean de la Guesle, est une proposition séduisante mais, disent les historiens, contestée par les faits dont nous avons connaissance. Ainsi aucun document ne vient confirmer cette thèse et La Chaux Montgros n'apparait jamais, ni dans les possessions personnelles de la Reine, ni dans celles des Comtes d' Auvergne.
    Catherine de Médicis aurait peu fréquenté l'Auvergne... encore moins La Chaux Montgros... et la construction du Château, selon les historiens, ne saurait lui être attribuée. En revanche, il leur paraît plus raisonnable d'affirmer que, à l'origine de cette construction, pourrait se trouver François de la Guesle, écuyer du Duc d'Albany, lui même oncle de la Reine, propriétaire du fief de La Chaux Montgros depuis la fin du moyen-âge et dont les fonctions de diplomate et de guerrier l'aurait conduit souvent en Italie.Catherine de Medicis ainsi « écartée » d'Auvergne...c'est toute une légende qui s'effondre...une légende tenace selon laquelle la Reine Margot serait enterrée dans l'ancien cimetière de Sallèdes...une légende que les gens du Pays (et d'ailleurs !) ne sont pourtant pas prêts d' abandonner..

  • 2) Pour eux en effet Catherine de Medicis n'est pas sans lien avec l'Auvergne : sa mère est la fille de Jean de La Tour le dernier Comte d'Auvergne ; elle est la nièce de Jean Stuart qui avait épousé Anne de La Tour, Comtesse d'Auvergne et qui lui a laissé tous ses biens, devenant elle même Comtesse d'Auvergne en 1526. Catherine de Médicis aurait donc fait édifier le Château par des artisans ramenés d'Italie et elle l'aurait par la suite donné à Jean de la Guesle, son amant présumé ( ce qui expliquerait la pauvreté des documents relatifs à sa construction ).


Quelle que soit l'origine de sa construction, le Château de La Chaux Montgros est unique en Auvergne, ancré dans la tradition de la construction médiévale et très largement inspiré par les théories de la Renaissance !
 
Du Moyen-âge, on retrouve le plan du Château, un vaste quadrilatère, corps massif flanqué de quatre grosses tours cylindriques et, à l'intérieur, les vastes salles voutées du rez-de-chaussée.

Cependant, cette apparence ne résiste pas à un examen attentif  des décors intérieurs et extérieurs, de la distribution des pièces des deux étages (les salles voutées du rez-de- chaussée étaient des communs) et de l'escalier conçu selon la tradition antique en honneur pendant la Renaissance, soit un ensemble n'étant pas sans évoquer, aux dires des spécialistes, certaines grandes villas italiennes de l'époque.

La façade du Château est également significative de l'apport Renaissance avec trois niveaux au dessus du sol, organisés d'une manière parfaitement symétrique à partir du premier étage et délimités par des doubles cordons de briques.
A noter d’ailleurs à cet occasion ce genre de « combat » entre la pierre et la brique où, partout où la pierre de taille émerge du crépi pour limiter les étages et entourer les fenêtres, elle est systématiquement  soulignée d'une frise de briques qui forme des arêtes et des filets très décoratifs.

Évoquons enfin le toit, sans doute refait au XVIIIème et déposé peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dont la forme originelle reste une inconnue faute de documents ou gravures, mais dont il y a tout lieu de penser qu'il en imposait à son époque renaissance, pourvu d'un comble très élevé comme l'étaient toutes les grandes demeures de l'époque.

 

Si le Château a été bien entretenu pendant les deux premiers siècles de sa vie, il n'en a pas été de même à partir de  1740 et jusqu'à notre époque, où, en dehors de l'intermède « de Névrezé » du XIXème siècle, se sont succédés démantèlements et dénaturations, incurie, abandon aux méfaits du temps, voire même vandalisme.

A compter des années 1970, sous couvert de l'A.R.C..M., des bénévoles passionnés et motivés ont tour à tour donné beaucoup de leur temps et de leur énergie, avec cependant de longues périodes de découragements, pour sauver cet édifice remarquable aujourd'hui classé Monument Historique et dont la restauration repart sous un jour nouveau et avec un élan particulièrement encourageant.

 

IBISCA : inventaire de la biodiversité des insectes du sol à la canopé

 

En début d’année 2007, le maire et le président de l’ARCM ont été contactés par la mission IBISCA Auvergne pour procéder à l’inventaire dans une forêt tropicale d’Europe. Ainsi la mission IBISCA, soit 40 chercheurs internationaux, attirés par ce site surplombant la foret de la Comté, a, sous la direction de Bruno Corbara, installé son PC dans les pièces du rez de chaussée du Château de La Chaux Montgros. La mission consiste à étudier l’ensemble des plantes, des animaux et des champignons qui se trouvent dans la forêt. Des grimpeurs, des chercheurs, des naturalistes, des scientifiques, des étudiants utiliseront des moyens techniques connus (la bulle des cimes) et d’autres nouveaux (l’arboglisseur, qui sera testé sur cette mission) pour la premiere fois dans une forêt tempérée d’europe. Le Château de La Chaux Montgros servira d’accueil, de lieu de rencontre, d’études, de stockage et de rendez vous avec la presse. Et par l’originalité des lieux, le soir, des animations diverses seront organisées auprès du feu de bois. Dans ce climat, conforté par la légende de la Reine Margot, une équipe de spécialistes des documentaires de 52 minutes sur France 5 ont réalisé un film scientifique : La Forêt Enchantée, un documentaire qui obtient un certain succès et que l’on peut voir encore en replay sur internet.